63,2%
des sites web
Part des sites dont le système d’exploitation est connu qui tournent sous Linux. Unix, toute famille confondue, atteint 92,2 %.
W3Techs, 26 octobre 2026 [21]
Chronologie vérifiée · 1969 – 2026
D’une annonce sur un groupe Usenet, le 25 août 1991, à la version 7.3 du noyau : l’histoire d’un projet qui devait rester « un passe-temps » et qui fait tourner l’essentiel de l’infrastructure mondiale.
35ans
Le 25 août 1991, Linus Torvalds poste 25 lignes sur comp.os.minix. Trente-cinq ans plus tard, le noyau Linux est présent dans les centres de calcul, les téléphones, les box, les voitures et la majorité des serveurs web. Cette page ne raconte que ce que les sources permettent de dater.
Chaque jalon porte sa date et le renvoi vers la source qui la justifie. Les références entre crochets — [1] — pointent vers la bibliographie en bas de page. Les points où les sources divergent sont signalés par la mention point discuté et récapitulés dans la section « Points discutés », plus bas.
01
1969 – 1991
Linux n’est pas né de rien. Il arrive à la fin d’une décennie de logiciel libre organisé autour d’un système complet… auquel il manquait justement le noyau.
Ken Thompson et Dennis Ritchie développent Unix aux Bell Labs. Ses idées — processus, système de fichiers hiérarchique, « tout est fichier » — structureront toute la famille des systèmes de type Unix, dont Linux.
Source : [24]
Richard Stallman annonce sur Usenet son intention d’écrire « un système complet compatible Unix, appelé GNU (Gnu’s Not Unix) », et de le distribuer librement. Le texte précise que le travail commencera à Thanksgiving ; gnu.org note que le début réel fut décalé à janvier 1984.
Source : [8]
Stallman crée la FSF pour financer et juridiquement porter le projet GNU. Elle édictera la GPL et financera un temps Debian.
Source : [25]
Linus Torvalds, 21 ans, commence à écrire un noyau de type Minix pour son 386. Il le dira lui-même dans son annonce : « ça mijote depuis avril ».
Source : [6]
02
1991 – 1993
Deux ans pour passer d’un message Usenet à un noyau sous GPL, et pour voir apparaître la première distribution qui vit encore : Debian.
Torvalds poste sur comp.os.minix un message de sondage. En-tête : 25 Aug 91 20:57:08 GMT, Message-ID <1991Aug25.205708.9541@klaava.Helsinki.FI>. La phrase la plus citée de l’histoire du logiciel libre : « I’m doing a (free) operating system (just a hobby, won’t be big and professional like gnu) ».
Point discuté Google Groups affiche « Aug 26, 1991, 2:12 am » : c’est un affichage local du même message, dont l’en-tête fait foi (25 août, 20:57:08 GMT). Certains récits citent donc le 26 août.
La toute première version (71 Ko, 10 239 lignes selon le décompte habituel) est déposée sur le FTP de l’université d’Helsinki. Elle n’est pas annoncée sur Usenet ; son fichier RELNOTES-0.01 la décrit comme « pas un produit mature » et destinée « surtout à la lecture ».
Point discuté La date du 17 septembre est celle retenue par l’usage et par les archives ; l’horodatage du fichier conservé sur kernel.org (30 octobre 1993) est celui de son dépôt dans l’archive, pas de sa création.
Cette fois, Torvalds annonce la publication sur comp.os.minix (« Free minix-like kernel sources for 386-AT »), en-tête 5 Oct 91 05:41:06 GMT. Les sources sont sur nic.funet.fi, dans /pub/OS/Linux.
Source : [27]
Les notes de version de Linux 0.12 annoncent le changement de copyright : « The GNU copyleft takes effect as of the first of February ». Torvalds supprime la clause interdisant la redistribution commerciale, ce qui rend Linux compatible avec la GPL et ouvre la voie aux distributions.
Source : [12]
Ian Murdock fonde le projet Debian, avec le soutien de la FSF pendant un an (novembre 1994 – novembre 1995). C’est la plus ancienne grande distribution encore active.
Source : [13]
SLS puis Slackware rendent Linux installable sans être développeur noyau. C’est par ce canal — et non par le noyau seul — que le système atteint les premiers utilisateurs.
Source : [17]
03
1994 – 1999
Le noyau atteint sa première version stable, le manchot devient un logo, et des sociétés se mettent à vendre du Linux — avec support.
Après les 0.99 patchlevels, la version 1.0 est publiée. L’archive de kernel.org porte deux horodatages : l’arbre linux-1.0.tar.gz est daté du 13 mars, les correctifs et signatures du 14. La date retenue par l’annonce et par l’usage est le 14 mars 1994.
Point discuté 13 mars (horodatage de l’archive) contre 14 mars (annonce). Les deux circulent ; nous affichons la date de publication annoncée.
La société S.u.S.E., fondée le 2 septembre 1992 à Nuremberg par quatre étudiants et ingénieurs, publie sa première distribution propre. Elle est d’abord une version allemande de Slackware, puis un système développé en interne.
Source : [16]
La bêta « Halloween » de Red Hat Linux est diffusée le 31 octobre 1994. La première version commerciale, « Red Hat Commercial Linux 1.0 », suit en mai 1995. Le modèle économique — distribution + support — devient la norme du secteur.
Source : [15]
Le fichier Logo.txt livré avec la 2.0 présente « la version couleur du logo Linux actuellement non officiel », créé par Larry Ewing, librement utilisable avec mention de l’auteur. Le manchot est une marque : cette page ne l’utilise pas et se contente d’une forme géométrique.
Source : [29]
La série 2.2 améliore sensiblement le SMP et la gestion mémoire, et professionnalise le sous-système réseau. L’archive de kernel.org horodate le fichier au 26 janvier 1999 à 01:41 UTC — soit le 25 janvier en fin de journée aux États-Unis.
Source : [14]
Point discuté 25 ou 26 janvier selon le fuseau ; nous retenons le 25, date de l’annonce côté Pacifique.
L’introduction en Bourse de Red Hat, suivie de celle de VA Linux en décembre, marque l’entrée de Linux dans la finance. La bulle « Linux » de 1999 précède de peu l’éclatement des valeurs technologiques.
Source : [30]
04
2000 – 2009
Linux quitte le serveur : Ubuntu rend l’installation banale, git change la façon d’écrire le logiciel, et Android le met dans des milliards de poches.
La série 2.4 généralise l’USB, améliore le support des machines multiprocesseurs et pose les bases du noyau « entreprise ». Elle restera maintenue plus de dix ans sur certaines branches.
Source : [14]
Nouvel ordonnanceur, NPTL, gestion fine des périphériques : la 2.6 ouvre une décennie de versions 2.6.x et accompagne l’essor des serveurs web Linux.
Source : [14]
Mark Shuttleworth annonce la première version d’Ubuntu sur la liste ubuntu-announce. Promesse : un bureau Linux installable, gratuit, avec une cadence de sortie fixe tous les six mois. Le grand public redevient une cible.
Source : [18]
Faute de pouvoir continuer à utiliser BitKeeper, Torvalds écrit git pour gérer le noyau. Le premier commit — « Initial revision of "git", the information manager from hell » — est daté du 7 avril 2005 à 15:13:13 −0700. Git deviendra l’outil de versionnage de presque tout le logiciel libre, Linux compris.
Source : [19]
KVM, module de virtualisation matérielle développé par Qumranet, est fusionné dans la version 2.6.20. Linux devient un hyperviseur de premier rang : c’est la base de la plupart des nuages privés.
Point discuté L’archive kernel.org horodate la 2.6.20 au 4 février 2007 ; Wikipédia indique le 5 février. L’écart vient du fuseau (heure du Pacifique contre UTC).
Google et une trentaine de partenaires dévoilent Android, système mobile fondé sur le noyau Linux. Ce choix va faire de Linux le système d’exploitation le plus répandu au monde, sans que ses utilisateurs le sachent.
Source : [20]
Le HTC Dream (T-Mobile G1), annoncé le 23 septembre 2008, est commercialisé le 22 octobre. Android 1.0 était sorti le 23 septembre.
Source : [20]
05
2010 – 2019
Le numéro de version devient une convention, pas un événement. Pendant ce temps, Linux devient le système par défaut du cloud, des supercalculateurs et des téléphones.
Vingt ans après l’annonce, Torvalds passe à la 3.0 pour éviter d’atteindre 2.6.40. Aucun changement majeur : c’est un changement de numérotation. L’archive kernel.org horodate le fichier du 22 juillet à 02:39 UTC, soit le 21 au soir en Californie.
Point discuté 21 juillet (annonce, heure du Pacifique) ou 22 juillet (horodatage UTC de l’archive).
Une nouvelle fois, le numéro ne signale pas de rupture : la 4.0 apporte le « live patching » du noyau et la mise à jour à chaud des modules, utiles aux serveurs qui ne peuvent pas redémarrer.
Source : [14]
Passage de 4.20 à 5.0, toujours par commodité de numérotation. La même année, la 5.4 devient une version « longterm » maintenue six ans.
Source : [3]
06
2020 – 2026
Le noyau absorbe le temps réel, accepte un second langage, et change de numéro majeur pour la troisième fois. Les cycles restent de neuf à dix semaines.
Encore un changement de numéro sans rupture fonctionnelle. La 6.0 prépare l’arrivée de Rust et poursuit le travail sur les architectures hétérogènes.
Source : [3]
PREEMPT_RT, développé pendant une vingtaine d’années hors de l’arbre principal, est fusionné. Linux devient utilisable en temps réel strict sans patch externe — un changement important pour l’industrie et la robotique.
Source : [36]
Dernière version majeure de l’année 2025, choisie comme longterm et maintenue jusqu’à fin 2028. Elle sert de base aux distributions de 2026.
Source : [3]
Après six ans de maintenance, la branche 5.4 cesse d’être mise à jour. C’est la fin d’une des plus longues lignées 5.x encore suivies.
Source : [33]
Changement de cryptographie PCIe, authentification sécurisée des périphériques, progrès de Btrfs et d’ext4 : la dernière 6.x avant le passage à la 7.0.
Source : [5]
Torvalds publie la 7.0 le 12 avril, après 14 251 commits hors fusion apportés par 2 362 développeurs — un record à l’époque. Le support de Rust sort du statut expérimental ; la documentation encadre aussi l’usage des assistants de code (étiquette Assisted-by, responsabilité humaine). Dans son annonce, Torvalds évoque « beaucoup d’usage d’outils d’IA » qui trouvent des cas limites.
Deuxième cycle le plus volumineux de l’histoire du noyau : 16 418 commits hors fusion, 2 652 développeurs, près de 600 000 lignes ajoutées. Le nombre de contributeurs par version continue de croître depuis la 6.0.
Source : [38]
Noyau de développement : 7.3. Branche stable : 7.2.13. Longterms suivies : 6.18.59, 6.12.114, 6.6.160, 6.1.190, 5.15.223, 5.10.272. Les branches 5.15 et 5.10 s’arrêtent fin décembre 2026.
Source : [1]
07
Octobre 2026
Cinq chiffres, cinq sources, et une date de consultation. Aucun de ces chiffres n’est déduit : ils sont lus dans la publication citée.
63,2%
Part des sites dont le système d’exploitation est connu qui tournent sous Linux. Unix, toute famille confondue, atteint 92,2 %.
W3Techs, 26 octobre 2026 [21]
500/500
Toutes les machines de la liste TOP500 de juin 2026 utilisent un système de la famille Linux. Le premier, LineShine, est en Chine.
TOP500, 67e édition, juin 2026 [22]
69,2%
Part mondiale d’Android sur le marché des systèmes mobiles en septembre 2026. Chaque Android embarque un noyau Linux.
StatCounter, septembre 2026 [39]
2 652
Contributeurs distincts ayant signé au moins un commit dans le cycle 7.2 (16 418 commits hors fusion) : un record.
LWN, statistiques du noyau 7.2 [38]
4,5%
Part de Linux sur les ordinateurs de bureau dans le monde en septembre 2026 — stable, mais très loin des serveurs.
StatCounter, septembre 2026 [39]
225
Entreprises connues ayant financé des contributions au cycle 7.0. Intel, Google, AMD et Red Hat arrivent en tête.
LWN, statistiques du noyau 7.0 [37]
Les endroits où les sources ne disent pas exactement la même chose. Chacun est tranché explicitement, avec la règle appliquée.
| Sujet | Divergence | Choix retenu |
|---|---|---|
| Annonce de 1991 | 25 août (en-tête) ou 26 août (affichage Google Groups) | 25 août 1991, 20:57:08 GMT — l’en-tête du message fait foi. |
| Version 0.01 | 17 septembre 1991 (usage) ou date de dépôt inconnue | 17 septembre, avec la mention « jamais annoncée publiquement ». |
| Linux 1.0 | 13 mars (archive) ou 14 mars (annonce) | 14 mars 1994 ; l’écart d’un jour est documenté. |
| Linux 2.2 | 25 ou 26 janvier 1999 | 25 janvier, heure du Pacifique. |
| KVM / 2.6.20 | 4 février (kernel.org) ou 5 février (Wikipédia) | 4 février 2007, horodatage de l’archive. |
| Linux 3.0 | 21 juillet (annonce) ou 22 juillet (UTC) | 21 juillet 2011. |
| Version « actuelle » | 7.3 (mainline) ou 7.2.13 (stable) | Les deux sont affichés : 7.3 est la dernière publiée, 7.2.13 la stable maintenue. |
| Numéro 7.0 | Présenté parfois comme une « révolution » | Changement de numérotation après 6.19 ; la rupture réelle est la fin du statut expérimental de Rust. |
08
Bibliographie
Toutes les pages ci-dessous ont été ouvertes le 26 octobre 2026. Les sources primaires (archives du noyau, annonces d’origine, listes de diffusion) sont privilégiées ; Wikipédia ne sert que d’appui ou de recoupement.
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